Joie

Le pape François évoque souvent la joie. Il veut montrer que les chrétiens tristes passent à côté de l’essentiel de l’évangile.

Quand est-ce que nous éprouvons de la joie ? Quand nous faisons l’expérience de grandir, d‘avancer, quand nous constatons que nous sommes aimés, respectés, encouragés par ceux qui nous entourent, quand nous avons notre place dans la société, quand nous progressons dans nos connaissances…

Quand est-ce que nous éprouvons de la tristesse ? C’est au contraire quand nous avons l’impression de stagner dans notre vie ou même de retourner en arrière. Des personnes nous quittent, d’autres nous critiquent, nous sommes transparents pour certains… ces comportements nous dévalorisent à nos yeux dans la mesure où nous pensons que nous ne comptons plus pour les autres.

La tristesse nous envahit aussi quand nous n’atteignons pas nos objectifs et que par-là nous touchons nos limites. Nous perdons confiance et le risque alors est de nous abandonner à des pensées morbides, nous entrons dans une spirale descendante que nous avons bien du mal à enrayer.

Un tel passage peut être bénéfique s’il remet en question les illusions que nous entretenons sur notre compte et nous permet de rebondir. Il faut que la joie ait le dernier mot.

François pense que le message du Christ peut nous aider à aller dans ce sens. Ce n’est pas toujours le cas de l’Église quand elle insiste sur nos limites, nos péchés, quand elle nous invite à la privation, à la pénitence, à rester dans les limites de notre petitesse. Même les bonnes actions qu’elle voudrait que nous accomplissions ressemblent alors à des obligations peu enthousiasmantes par lesquelles il faut passer si nous voulons gagner le ciel ! Jusqu’à l’amour du prochain qui prend la forme d’une contrainte alors qu’il est en réalité le moyen de nous changer et de changer le monde en allant vers notre semblable.

Ainsi ne faut-il pas déroger à un principe de base : tout ce qui nous diminue est à rejeter. Jamais Dieu, qui est la source de toute vie et de tout amour, ne nous invitera à mutiler notre énergie vitale, pas plus aujourd’hui que demain. Certes nous connaissons des épreuves mais il ne faut jamais nous résigner à les supporter sans réagir.

Cela veut dire qu’il ne faut pas nous contenter du slogan un peu bébête qui nous invite à « positiver ». Nous passons par des deuils, par des épreuves, par des dépressions et ce n’est pas en cherchant l’oubli dans des plaisirs faciles, dans des drogues diverses et des satisfactions passagères que nous allons évoluer. Il nous fait rechercher ce qui nous fait effectivement grandir et qui nous procurera donc une joie durable. Cette voie est souvent exigeante mais elle nous fait voir la souffrance éventuelle comme une ouverture vers plus de vie. Toutes les autres épreuves sont à proscrire, inutile de souffrir pour rien. Soyons joyeux…