J’entends beaucoup de pratiquants, des enfants mais aussi des adultes, dire qu’ils ne comprennent rien à ce qui se passe à la messe. Voilà une tentative d’explication qu’il est possible d’adapter selon les personnes visées.
La messe peut être divisée en plusieurs étapes qui permettent de se situer dans son déroulement.
Un temps de préparation
Tous les temps importants de notre vie supposent de commencer par un certain nombre de préparatifs. C’est le cas de la messe du dimanche.
L’accueil
Les amis chez qui on arrive commencent toujours par nous souhaiter la bienvenue. Il est bon qu’il en soit de même quand on entre dans l’église pour une célébration. Des membres des relais sont aux portes, ils disent bonjour et essayent de repérer les nouveaux arrivants pour leur réserver une attention particulière. Beaucoup apprécient de ne pas pénétrer dans l’église comme des anonymes et petit à petit les personnes sont reconnues, on peut leur demander de petits services, les inviter à des rencontres, leur proposer d’avancer… L’accueil est aussi le moment où l’on distribue quelques feuilles d’information que l’on peut expliquer d’un mot, on donne un carnet de chants… Ces petits gestes créent des liens.
De même, le prêtre ainsi que les autres célébrants accueillent ceux qui passent devant eux. On finit par en repérer beaucoup maissans pouvoir amorcer de véritables dialogues quand les arrivants se bousculentcomme c’est souvent le cas… Heureusement doncqu’il y a un accueil spécifiqueaux portes ! La reconnaissance mutuelle entre paroissiens et célébrants se fait ainsipetit-à-petit.
L’accueil se poursuit quand chacun prend place. Pour ne pas rester côte-à-côte comme des étrangers, il est bon bien sûr d’échanger un sourire avec son voisin, quelques mots… Les paroissiens s’assoient souvent à la même place et ainsi des relations peuvent se tisser au fil des dimanches au-delà de la timidité de chacun.
Nota bene : il est illusoire la plupart du temps de chercher à « se concentrer » ou à faire le vide en ce début de messe. Il y a beaucoup de mouvement, un fort brouhaha, les responsables des chants tentent de faire répéter ce qui va être chanté… Il vaut mieux chercher à communiquer et à se connaître. Se concentrer en début de célébration est plus facile au cours des messes de semaine. Elles sont davantage recueillies et les gens qui sont là sont des habitués qui attendent la fin pour échanger entre eux.
Puis le silence se fait, vient le mot d’accueil qui donne la tonalité de la liturgie du jour, un chant, le célébrant entre avec ses accompagnants, la célébration commence.
Le prêtre clôture le temps de l’accueil par un exhortation trinitaire magnifique qui nous rappelle
- la grâce que nous recevons de Jésus,
- l’amour qui nous vient du Père et
- la communion de l’Esprit Saint qui relie le Père et le Fils entre eux tout en nous faisant entrer dans cette vie divine et en transformant notre assemblée en une communauté vivante.
Fin de l’accueil.
La demande de pardon
L’entrée dans la messe comporte un deuxième temps de préparation : une demande de pardon. Il ne s’agit pas de passer en revue toutes les fautes que nous avons commises pendant la semaine, ce n’est pas une confession. Plus que la liste de ce qui ne va pas dans notre vie, nous sommes invités à reconnaître notre état de pécheurs, ce qui est beaucoup plus exigeant.
C’est une reconnaissance globale semblable à celle que fait saint Paul quand il avoue : « Ce qui est à ma portée, c’est d’avoir envie de faire le bien, mais non pas de l’accomplir. Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le mal que je ne voudrais pas. Si je fais ce que je ne voudrais pas, alors ce n’est plus moi qui accomplis tout cela, c’est le péché, lui qui habite en moi. Moi qui voudrais faire le bien, je constate donc en moi cette loi : ce qui est à ma portée, c’est le mal. Au plus profond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais, dans tout mon corps, je découvre une autre loi, qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du péché qui est dans mon corps. » 1Romains 7, 18-23
Au-delà de nos petits manquements, il y a notre faiblesse radicale. Il s’agit moins de nous culpabiliser que de nous ouvrir à la miséricorde de Dieu, de demander son secours, de reconnaître surtout que le pardon nous est systématiquement accordé à partir du moment où nous nous mettons en situation de demandeur.
Le prêtre confirme cette confiance retrouvée en disant que nous sommes pardonnés et que même nous sommes conduits vers la vie éternelle. C’est donc le cœur plus léger que nous pouvons poursuivre notre célébration.
Gloire à Dieu
Nous chantons cette confiance retrouvée par la proclamation du « Gloire à Dieu », belle hymne de louange adressée successivement au Père, au Fils et à l’Esprit. Si elle évoque à nouveau le péché du monde c’est essentiellement pour dire que la gloire de Dieu nous en libère. Notre péché ne pèse pas lourd face à la magnificence de Dieu.
La collecte
La collecte ou prière d’ouverture vient clôturer ce temps de préparation à la messe en rassemblant les prières déjà formulées en un bouquet qui est offert à Dieu.
Nous pouvons alors passer à l’étape suivante.
Le temps de la Parole de Dieu
Nous entrons dans la deuxième période importante de la messe. Notre foi s’appuie sur des textes millénaires qui en constituent la base. Nous prenons le temps d’en relire divers passages, différents chaque dimanche. Les textes reviennent selon un cycle de trois ans pour balayer le plus de livres possibles de cette collection qu’est la Bible, surtout si l’on tient compte du fait que les textes de la semaine viennent compléter ceux des dimanches.
L’Ancien Testament
Le dimanche, le premier texte est généralement tiré de l’Ancien Testamentc’est- à- dire, dans la Bible, ce qui a été raconté puis écrit avant la venue de Jésus. Ces passages nous déconcertent parfois parce qu’ils datent de longtemps. Le peuple juif a cherché pendant des siècles à préciser sa vision de Dieu et les devoirs que cette foi lui imposait. Ces approches ont évolué au fil du temps, elles sont parfois contradictoires jusqu’à nous choquer mais elles montrent que ce que nous croyons aujourd’hui est fruit d’une histoire qui nous dépasse par les chemins très divers qu’elle a empruntés au fil des âges.
Pour atténuer ces décalages, les textes de l’Ancien Testamentdu dimanche sont le plus souvent pris en référence à l’évangile qui suit qu’ils illustrent sous un angle particulier.
Nota bene : Il n’en est pas de même pour les messes de semaine au cours desquelles les textes bibliques sont lus à la suite, en sautant simplement les passages les plus problématiques et sans souci du lien entre les lectures. Ils ne viennent pas tous de l’Ancien Testament. Comme les textes de semaine eux aussi ne reviennent que tous les trois ans, cela ouvre nos célébrations à une grande variété et nous fait découvrir des livres longtemps ignorés.
Le lecteur conclut par un « Parole du Seigneur » qui nous rappelle que ce qui vient d’être proclamé fait bien partie des textes de référence des croyants même s’ils nous surprennent parfois. Nous répondons : « Nous rendons gloire à Dieu ».
Le psaume
Vient ensuite le psaume tiré également de l’Ancien Testament. Il vient d’un recueil de 150 prières qui étaient chantées dans les liturgies juives et le sont encore. Ils sont très différents quant à leur contenu mais prennent tous la forme de poèmes, rythmés, faits pour être chantés, souvent aves des refrains. Ils expriment la large palette des sentiments qui habitent nos prières : la confiance, le doute, le désespoir, la colère contre Dieu ou contre les ennemis, des plaintes devant l’abandon des amis ou des persécutions injustifiées, l’admiration devant les merveilles de Dieu… Certains expriment des prières personnelles de confiance ou de révolte, d’autres semblent devoir être dits par une assemblée dans le Temple, en pèlerinage, à l’occasion de fêtes, d’autres encore sont une méditation sur des pans de l’histoire du peuple juif… Certains nous choquent par leur rudesse, d’autres nous apaisent…
Les psaumes sont aussi la base de la prière quotidienne demandée par l’Église et que l’on appelle la « liturgie des heures ».
La deuxième lecture
Elle est en fait la troisième si on compte le psaume. Elle est prise dans le Nouveau Testament,c’est souvent un extrait d’une lettre de Saint Paul, le premier à avoir écrit après la mort du Christ. Elle peut surprendre parce qu’elle est rarement en cohérence avec les autres textes du jour. Saint Paul a ses logiques propres dans lesquelles il est parfois difficile d’entrer sur un petit passage, du fait aussi de la différence de contexte social. Il écrit pour des communautés qu’il a rencontrées dans lesquelles il n’est pas toujours aisé de se reconnaître. Cependant, c’est lui qui, le premier, a fait un effort de théorisation de ce qu’il avait reçu des paroles et des actes de Jésus. Il nous a beaucoup apporté et c’est pour cela qu’il a une place importante dans la liturgie.
L’Évangile
Le texte suivant est tiré des évangiles. Dans les quatre évangiles, trois sont dits synoptiques parce que leur structure se ressemble et qu’on peut les lire en parallèle : Matthieu, Marc et Luc. Chaque année liturgique se centre sur l’un d’eux. On retrouve donc les mêmes textes tous les trois ans. L’évangile de Jean est plus particulier : il mélange des épisodes très concrets avec des passages plus méditatifs et mystiques. Il est lu plutôt dans des moments importants comme le temps pascal.
L’évangile, précédé d’un alleluia, est lu par le prêtre ou le diacre. Il se conclut par l’invitation qui souligne la portée particulièrement importante de ce qui a été lu : « Acclamons la parole de Dieu » à laquelle on répond : « Louange à toi Seigneur Jésus ».
L’homélie
Elle vient clôturer ce temps de la parole. Le prêtre ou le diacre insiste généralement sur un point particulier de l’évangile. Il en fait le commentaire et le met en lien avec ce qui est notre vie de chrétien aujourd’hui.
Méditation
Suit un temps de silence, le premier de la célébration, parfois soutenu par l’organiste. Chacun s’efforce d’intérioriser ce qu’il vient d’entendre et de voir comment cela rejoint sa vie de croyant.
Nota bene : il est impossible de saisir tous les messages transmis par les textes au cours de ces lectures. L’homélie ne fournit que quelques pistes sans chercher à tout expliquer. Ou bien on se contente de quelques idées saisies au vol que l’on médite par la suite, ou bien on s’efforce de lire et de comprendre par avance les passages proposés. Les moyens ne manquent pas : les revues Prions en Église ou Magnificat…On peut également se connecter sur le site AELF le site officiel gratuit des évêques francophones pour la liturgie.
Avec la méditation s’achève le temps de la parole.
Interlude
Ce qui suit est plus difficile à définir parce qu’il rassemble des éléments disparates.
La profession de foi
Avec le Je crois en Dieu, plus que notre foi, c’est la foi de l’Église que nous proclamons. Ces paroles en effet sont le résumé des premiers efforts théologiques des premiers conciles pour définir ce que c’est que croire. Proclamer le Je crois en Dieurevient à dire que c’est dans cet ensemble que nous nous situons. Il nous dépasse, nous ne le comprenons pas toujours dans le détail, nous n’adhérons pas obligatoirement parfaitement à tous ses articles mais nous reconnaissons qu’être chrétien suppose d’accepter de prendre sa place dans ce qui nous a été transmis par les premiers temps de l’Église.
Affirmer notre accord avec cette foi est une étape importante avant de poursuivre la célébration. Nous pouvons dès lors continuer puisque nous sommes en cohérence avec la communauté qui nous rassemble.
La prière universelle
Nous sommes peut-être arrivés pour la célébration avec des motivations personnelles. Avec un peu de chance, l’accueil nous a permis de nous ouvrir à une communauté. Les textes bibliques nous ont fait ensuiteentrer dans une perspective historique. Le Je crois en Dieu, enfin,nous a mis en communion avec la foi de l’Église. La prière universelle vient reprendre ces étapes et nous amène jusqu’aux dimensions du monde. Nous ne sommes pas des êtresséparés : nous vivons au cœur de l’humanité, en solidarité avec tous les hommes comme aussi avec la nature. Nous faisons dans ce temps particulierun pas de plus pour ouvrir notre prière
L’offertoire
Ce moment de la messe est celui où nous offrons ce que nous avons et ce que nous sommes. On lui donnait plus de place autrefois. Aujourd’hui il est souvent seulement l’occasion de placer un chant.
Nous sommes égalementinvités à donner à la quête qui est la principale source de revenus d’une paroisse :hélas,certains se contentent de se débarrasser de quelques piécettes à cette occasion !
Nous apportons aussi notre vie, celle de nos proches, le poids de notre semaine, c’est tout cela que le prêtre offre avec le pain et le vin qui seront bientôt consacrés.
La prière sur les offrandes
Elle conclut ce temps et fait le lien entre ce que nous avons apporté et ce que le Seigneur va en faire en se donnant lui-même.
La prière eucharistique
Avec elle nous parvenons au sommet de la messe, le moment où notre foi nous met en pleine communion avec Dieu dans un grand élan d’action de grâces.
Il y a beaucoup de prières eucharistiques : les 4 premières proposées, 3 autres sont surtout utilisées quand les enfants sont nombreux dans l’assemblée, 2 sont tournées vers la réconciliation et une dernière, avec deux fois 4 variantes, est dédiée aux « circonstances particulières » ce qui assez vague…
Les prières eucharistiques ont une structure commune.
La préface
Avec elle nous nous tournons vers le Père dans une grande prière de louange et de remerciement. Nous voulons surtout le remercier de nous avoir donné son Fils et chaque préface détaille à sa manière tout ce que cette venue nous a apporté.
La préface aussi fait toujours le lien entre la célébration que nous sommes en train de faire et la liturgie permanente du ciel où les anges et ceux qui nous ont précédés chantent la gloire de Dieu dans son sein. Dernier élargissement extraordinaire : à chaque messe, notre prière communautaire se fait en présence de la Trinité : la vie de Dieu qui réunit tous les êtres vivants ou morts et nous-mêmes qui entrons dans ce formidable courant… Notre modeste liturgie rejoint ainsi ce qui se vit auprès de Dieu et grâce à lui : le ciel et la terre…
Pas étonnant alors que nous ayons envie d’entonner : « Saint, saint le Seigneur, Dieu de l’univers ! Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire… »
L’événement central de la messe
La suite se déroule selon un schéma relativement fixe et résolument trinitaire.
Nous commençons par nous tourner vers le Père en reconnaissant à la fois sa sainteté et le fait qu’elle revient sur nous pour nous sanctifier. Nous le remercions pour tout ce qu’il a fait pour nous dans l’histoire.
Puis nous demandons au Père qu’il sanctifie par son Esprit les offrandes que nous avons apportées. C’est la première « épiclèse » : la venue de l’Esprit sur les dons.
Viennent ensuite les paroles de la consécration : le prêtre redit les paroles que Jésus a prononcées lors de la dernière Cène.
Nous faisons ensuite remonter vers le Père ce qui est maintenant le corps et le sang de son Fils.
Puis nous lui demandons à nouveau d’envoyer son Esprit sur la communauté que nous formons, pour la garder dans l’unité et dans la paix : deuxième « épiclèse ».
Nous prions enfin pour le monde, pour l’Église, pour les vivants et pour les morts, avec les saints en demandant que nous soyons tous unis dans le Royaume.
Nous terminons par la grande doxologie trinitaire finale : « Par lui avec lui et en lui… » où, unis à Jésus dans l’Esprit nous faisons remonter toute gloire vers le Père.
Notre Père
Après ce formidable parcours nous pouvons nous reprendre et redire avec confiance la prière que Jésus nous a apprise qui nous aide à trouver les mots pour parler au Père. La communauté qui a pris conscience de son unité peut se lancer dans une prière unanime.
La communion
C’est la conséquence logique de ce qui précède : unis dans l’Esprit nous pouvons communier au corps et au sang du Christ.
La paix
Parce que membres du même corps nous devrions être dans la paix mais elle n’est effective ni dans le monde, ni dans l’Église qui est divisée, ni entre nous qui sommes traversés par des tensions, ni en nous. Le geste de paix symbolise ce rapprochement que nous avons à réaliser pour que la paix devienne une réalité et pas seulement une promesse.
Cela fait écho aussi à la parole de Jésus et à celle de Paul qui nous exhortent à nous pardonner avant de nous approcher de l’autel. Ce n’est qu’un symbole qui nous invite à nous rapprocher au sein de notre communauté et à pardonner à ceux qui nous ont fait du tort. Le geste est un appel à la réalisation de l’unité.
« Je ne suis pas digne »
Avant de communier, il nous faut lever une dernière réticence : nous ne sommes pas dignes de recevoir le corps et le sang du Christ. En fait nous n’en serons jamais dignes quand bien même nous nous serions confessés juste avant. C’est pour cela que nous reprenons les paroles du centurion qui propose à Jésus de guérir son esclave à distance.
Il ne s’agit nullement d’un dernier sursaut de culpabilité mais d’une manière de bien situer notre démarche. Si la communion n’était que pour les gens dignes, elle ne serait pour personne or Jésus a dit qu’il était venu non pour les gens en bonne santé mais pour les malades, ce qui est notre cas. En reconnaissant notre indignité, nous prenons la communion non comme une récompense mais comme un réconfort pour la route une nourriture qui nous permet de tenir et de vivre notre foi. Nous pouvons nous en approcher avec confiance.
Des personnes ont déposé des custodes, de petites boites qui recoivent le corps du Christ. Elles viennent les reprendre pour donner la communion aux absents qui l’ont demandé.
Méditation
Après la communion vient le deuxième temps de silence de la messe, propice à l’intériorisation et à la méditation personnelle. Nous venons de recevoir le corps et le sang de Jésus, en nous il a fait sa demeure et il nous faut nous imprégner de cette présence. Nous sommes devenus son réceptacle. Ce n’est donc pas le moment de se tourner vers le tabernacle avec dévotion puisque c’est nous qui sommes devenus un tabernacle vivant. Ce temps est court, il faut donc en profiter, libre à nous de continuer à y penser tout au long de notre journée.
L’envoi
La fin de la messe est parfois un peu chaotique avec les annonces, les gens qui commencent à partir pour faire cuire le poulet et acheter les gâteaux…
Prière après la communion
Une dernière prière sollicite pourtant un peu notre attention. Nous ne faisons pas assez attention au message que toutes ces prières contiennent. La dernière fait en général le lien entre la communion que nous venons de recevoir, qui nous renouvelle, qui nous met déjà en lien avec la vie en Dieu et la vie éternelle qui nous est promise et dont la communion est l’anticipation.
« Allez dans la paix du Christ »
Nous recevons une dernière bénédiction et à l’invitation à aller dans la paix du Christ nous répondons « Nous rendons grâce à Dieu ». Jusqu’à présent nous nous étions contentés de lui « rendre gloire » mais après tout ce que nous avons reçu tout au long de cette messe, nous avons surtout envie de lui rendre grâce, de le remercier.
L’envoi n’est pas seulement une invitation à la dispersion. Il serait bon que nous nous sentions responsables de partager avec nos frères, surtout ceux qui sont aux périphéries, les richesses que nous avons reçues. Il s’agit donc d’un envoi en mission.
Il serait bon aussi que nous prenions le temps d’échanger avant de nous séparer, non seulement avec nos amis et connaissances mais aussi avec ceux que nous ne connaissons pas, qui sont nouveaux ou délaissés, qui attendent peut-être un signe de notre part, une parole d’amitié, une invitation à un échange plus approfondi. C’est par ces gestes qu’une communauté se structure progressivement et change des personnes côte-à-côte en membres d’une assemblée qui fraternise. Les pots mensuels à la sortie sont là pour nous aider à oser ces temps de partage.
Puisse ce parcours nous aider à vivre plus pleinement ces temps de célébrations eucharistiques. Les richesses de la messe sont trop grandes et trop variées pour que nous soyons capables de les vivre pleinement à toutes les célébrations. Peut-être faudra-t-il nous contenter de goûter à chaque fois un moment particulier en sachant que d’autres découvertes nous sont promises. Des temps de la messe vous semblent-ils encore obscurs… n’hésitez pas à poser des questions ! La célébration de la messe est le fruit d’une tradition millénaire. Aucun mot, aucun geste n’est choisi au hasard. Ce n’est que petit à petit que l’on entre dans son mystère.