
Jésus dit à ceux qui vont devenir ses disciples : « suivez-moi ». Bien sûr, cela s’adresse à eux mais aussi à chacun de nous : « suivez-moi » ! C’est une des invitations capitales faites par Jésus au début de sa vie publique. Peut-être que les uns et les autres se disent : « on veut bien te suivre mais pour aller où ? Où est-ce que tu vas nous entraîner ? » Nous également, nous avons un peu peur de suivre Jésus : un moment, ça va mais on ne sait jamais où cela va aboutir ! Oui, quand on commence à être vraiment chrétien, on se demande : « qu’est-ce que je vais devenir ? ».
Qu’entend Jésus par ce « suis-moi » ? Une des réponses est suggérée par le déménagement du Christ : il quitte Nazareth. Il aurait pu rester tranquillement dans son petit village avec ses amis, ses proches, sa famille. Mais non, il a voulu rejoindre Capharnaüm. Certains d’entre vous le savent : il y a peu, quand on parlait d’un endroit qui était dans un grand bazar, on disait : « C’est un capharnaüm ». Je ne sais pas si cela se dit encore… La ville de Capharnaüm était en effet très cosmopolite : il y avait des gens d’un peu toutes les nationalités, beaucoup de marchands, des pêcheurs, des Romains… Cela donnait un mélange assez hétéroclite et Jésus a voulu rejoindre cette ville-ci, être au milieu de ces gens. Parce que là il y avait de la vie, ‘’ça bougeait’’, il y avait des rencontres intéressantes. Nous aussi, il nous faut déménager : on n’est pas chrétien pour rester dans un coin, dans une petite équipe, un petit groupe, à prier tranquillement. Il nous faut aller là où sont les gens pour être missionnaire, ce n’est pas en restant entre nous que nous pourrons proclamer la bonne nouvelle de Jésus-Christ. N’oublions pas : Jésus quitte la tranquillité de Nazareth pour aller à Capharnaüm, là aussi où Pierre habitait.
La deuxième réponse à ce « suivez-moi » se trouve dans les invitations faites par Jésus. Il est facile de se défiler : « moi je ne suis pas capable, je ne suis pas un apôtre… » Cependant, en regardant d’un peu près ceux qui ont été appelés, on constate qu’il ne s’agissait pas des gens hors du commun : les premiers sont de simples pécheurs. De plus Simon Pierre a renié Jésus… Il faisait des grandes déclarations mais sans toujours leur être fidèle. Il avait d’autres qualités sans être extraordinaires même s’il avait des côtés exceptionnels. Il y avait aussi Jacques et Jean que Jésus appelait les « fils du tonnerre », signe qu’ils avaient le sang chaud et devaient s’énerver facilement, des gens un peu comme nous je dirais. On voit ensuite Simon le zélote. Les zélotes voulaient mettre les Romains à la porte, au besoin par les armes, c’étaient des révolutionnaires qui pouvaient aller jusqu’à la violence. Parmi ceux qui ont été appelés, on a également Juda qui va le trahir. Des gens très différents donc, pas parfaits, qui se sont perfectionnés au fur et à mesure. Il y en a même certains dans l’équipe dont on ne sait pas qui ils étaient, que l’on connaît juste par leur nom. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont rien fait mais on n’a rien retenu de leur vie. Comme ce sera le cas de beaucoup d’entre nous…
Cela devrait nous sécuriser, nous qui n’avons rien d’extraordinaire, qui avons des défauts, qui passons par des moments de creux, de doute, par des reniements. Jésus dit à chacun de nous « Viens, suis moi ». On peut répondre : « je ne suis pas capable… » : « Viens, suis moi » ; « je ne suis pas quelqu’un d’extraordinaire » : « Viens, suis moi » ; « Oui mais regarde ce que j’ai fait » : « Viens, suis moi ». À chacun, Jésus dit : « Viens, suis moi ». Comme nous n’avons pas d’excuses, demandons au Seigneur le courage de dire : « Oui, je viens, avec ce que je suis, avec ce que je peux ; aide-moi à grandir et à te suivre jusqu’au bout. »