Les chrétiens sont des gens comme les autres…


Difficile de reconnaître un chrétien dans la foule ! Pas de vêtement particulier, pas d’attitude excentrique, il mange et boit comme les autres, un citoyen banal somme toute, plutôt à l’aise dans un monde laïque. À l’exception de certaines manifestations extrémistes, sa morale n’a rien de bien original, les valeurs chrétiennes dont il parle sont en fait un idéal partagé par la population et lui-même n’est pas particulièrement performant quand il s’agit de les mettre en œuvre. Ni meilleur ni pire que les autres, il ne cherche pas vraiment à trancher dans la société même s’il a parfois l’ambition de sortir un peu du lot.

A part quelques curés en soutane, rares sont les chrétiens qui arborent des signes ostentatoires et les croix qu’ils portent sont souvent à la limite du bijou, d’autant moins choquantes qu’elles ornent aussi les cous de non-croyants. Ils participent à des célébrations sans se cacher mais celles-ci troublent rarement l’ordre public : la plupart des fêtes religieuses ont été récupérées par la société de consommation au point que de nos jours certains trouvent bizarre que la messe de Noël ait lieu au moment du réveillon…

Quelle est donc alors la différence radicale du chrétien ? Sans conteste, c’est le fait qu’il ne se croit pas seul dans le monde, qu’il pense que ce dernier est habité par une présence d’amour qu’il appelle Dieu. Bien sûr, cela ne change rien et pourtant, quand on sait que l’on est aimé sans condition, toute la vie s’en trouve colorée. On est plus paisible, libéré, moins timoré au moment de se lancer dans des aventures qui sortent de l’ordinaire.

Comme il ne s’agit pas là d’une histoire de sentiment, pas plus que d’une évidence, cette confiance ne s’impose pas au chrétien en permanence. Alors qu’il lui arrive de vivre cette présence avec une grande intensité, il se trouve bien seul à d’autres périodes de sa vie. Son comportement de chrétien s’en ressent : il est à éclipse. Ainsi, il suit parfois l’exemple de Jésus avec un enthousiasme qui l’amène à vivre intensément mais à d’autres moments il se laisse aller à une morne quotidienneté…

Quand il veut raviver sa conviction que Dieu est proche, il lui faut prendre des temps d’arrêt pour relire ses journées et retrouver la source qu’il recherche. Ces moments, il les appelle des prières. Il aime aussi se retrouver avec d’autres pour s’unir à eux lors de célébrations communes, pour chanter, écouter, réfléchir, faire l’expérience d’une communauté où il n’est plus seul dans un coin mais où il rencontre d’autres personnes qu’il reconnaît comme des frères parce qu’ils ont fait les mêmes choix que lui. Ce n’est pas toujours le grand amour mais cela aide à vivre.

Les chrétiens ne sont pas vraiment différents des autres hommes mais ils sont à la recherche d’une espérance qui les porte au quotidien.