Le chemin ?

Jean 14-1,6

Toujours aussi sympathique ce saint Thomas avec ses questions qui rejoignent les nôtres.

Dans l’évangile d’aujourd’hui alors que Jésus demande à ses disciples de prendre le chemin qu’il va suivre, il questionne : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Il a raison après tout, surtout qu’en étant fidèle jusqu’au bout à sa mission, Jésus est en train d’aller vers sa mort. Jésus lui répond que c’est lui « le chemin, la vérité et la vie ». Qu’il faut passer par lui pour aller jusqu’au Père. Nous souhaiterions peut-être un peu plus de précisions, un mode d’emploi détaillé… 

En fait nous cherchons des excuses ! Nous savons bien ce qu’il faudrait faire… Nous savons même que ça nous rendrait plus heureux… et nous ne le faisons pas ! Nous sommes étranges !

Le commandement de Jésus passe même pour une évidence à force d’être ressassé : « Aimez-vous les uns les autres ». Il est vrai que quand il rajoute : « Comme je vous ai aimés » la tâche semble plus dangereuse… C’est peut-être ce qui fait hésiter Thomas. Cependant, en gros, nous connaissons le chemin à prendre.

Il est rare que nous nous trouvions dans des situations difficiles au point que nous ne sachions pas quoi faire. Le plus souvent nous reculons par faiblesse, par égoïsme, par peur de trop s’engager… et nous nous contentons de notre médiocrité. Mais le chemin est assez clair en lui-même. Pourquoi ces reculs ?

C’est comme ça que je comprends le péché originel : nous évoluons dans un environnement qui bride nos élans. La crainte est même de nous faire mal voir si nous en faisons trop. Cette paralysie nous gagne et pénètre jusqu’au plus profond de nous-mêmes. Chaque fois que nous voulons prendre notre élan pour sortir de l’ornière nos lourdeurs nous font retomber.

Même quand l’étreinte du monde se desserre comme actuellement où du temps s’offre à nous, nous trouvons le moyen de ne pas mettre en pratique toutes les bonnes résolutions que nous avions prises pour « quand nous aurions le temps » !

Pour avancer il faut s’accrocher, mettre patiemment un pied devant l’autre, faire attention à ne pas repartir en arrière, se relever à chaque chute, ne plus dire : « c’est ma nature », croire qu’un changement est possible en nous et dans notre environnement… Nous ne nous débarrasserons jamais complètement du poids qui pèse sur nos épaules mais comme dit Jésus : il faut faire avec, prendre sa croix et le suivre sans nous laisser écraser. Quand nous tombons sous la charge il faut se relever et repartir.

Ce qui aide bien c’est la prière grâce à laquelle nous évitons de nous penser seuls. Avec son éclairage, nous réussissons à croire que la force de l’Esprit nous habite et que cette force nous aide à nous arracher à la boue dans laquelle nous avons l’impression de nous enliser parfois.

Et puis que ferions-nous sans les autres, nos proches, ceux que nous aimons, qui nous soutiennent, qui nous aident à nous relever, auprès de qui on peut se réfugier quand on est dans la tourmente ? Les croyants et les autres, ceux de qui nous nous sentons proches sans qu’ils partagent obligatoirement notre foi, parce qu’ils sont là, fidèles, présents, sans nous juger, simplement proches…

Ceux qui sont sur le chemin de Jésus, dans sa vérité, vivant de sa vie n’ont pas tous la bonne étiquette, le principal c’est qu’ils soient dans l’amour. Ceci dit ce n’est pas plus mal s’ils reconnaissent un jour que Jésus les accompagne sur ce chemin…