Catherine de Sienne

Aujourd’hui nous fêtons sainte Catherine de Sienne. Elle est née en 1347 l’année du début de la peste noire qui va durer presque 100 ans… Ce qui nous en promet de belles ! C’est une des 4 docteurs de l’Église, elle qui ne savait pas écrire, à peine lire et qui est patronne des journalistes et des médias…

Ce que je retiens d’elle, à la volée parce que je ne connais pas grand-chose de cette mystique, c’est d’abord ce qu’elle dit sur l’importance de se connaître soi-même, d’entrer dans notre « cellule intérieure ». C’est dans la mesure où on a fait la clarté sur soi que l’on peut aller vers Dieu et vers les autres. L’autre chose est l’importance du corps dans notre rapport à Dieu. Cette relation doit nous prendre tout entier, elle parle du « don des larmes » conformément au dolorisme de l’époque mais cela va plus loin que les larmes jusqu’à la personne tout entière. Je retiens enfin qu’à côté de ses visions et révélations elle a connu les doutes et l’angoisse ce qui nous rassure nous dont la foi n’est jamais pleinement assurée.

Une grande dame en tout cas qui nous invite à être virils !

En référence à elle, la liturgie nous propose la lecture de Matthieu 11, 25-30 : 

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, 
je proclame ta louange : 
ce que tu as caché aux sages et aux savants, 
tu l’as révélé aux tout-petits. »

Docteur de l’Église et quasiment illettrée… La profondeur de la vie mystique n’est pas réservée à une élite d’intellectuels puisqu’elle est accessible à des personnes sans éducation, qui peuvent de plus accéder à un destin exceptionnel. Il est important de nous mettre à l’écoute des tout-petits par l’âge, l’éducation, le statut social parce qu’ils peuvent nous ouvrir à des dimensions auxquelles nous n’aurions pas pensé. Nous en sommes peut-être persuadés intellectuellement mais ne nous reste-t-il pas à passer de la théorie à la pratique de ce genre d’écoute ?

La suite du texte nous concerne tout autant nous qui nous sentons parfois écrasés par la vie, par les responsabilités, par notre environnement, acculés à nos limites.

 « Venez à moi, 
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, 
et moi, je vous procurerai le repos. 
    Prenez sur vous mon joug, 
devenez mes disciples, 
car je suis doux et humble de cœur, 
et vous trouverez le repos pour votre âme. 
    Oui, mon joug est facile à porter, 
et mon fardeau, léger. »

L’image du joug évoque un poids écrasant reposant sur nos épaules et il est vrai que la vie de Catherine de Sienne a été très chargée, elle est morte à 33 ans. Jésus détourne pourtant cette image pour évoquer au contraire une dépendance douce et apaisante, un lien qui invite au repos. Le vide nous fait du bien alors même qu’il nous fait peur et nous avons besoin aussi d’apaisement dans notre existence souvent bousculée, stressée. Jésus nous procure le repos.