De la guérison au salut

Marc 5, 21-43

Jésus est venu parmi nous pour témoigner de l’amour de son Père, il le fait de deux manières. Par ses paroles, bien sûr : il est dit dans les évangiles qu’il parlait longuement du Royaume de Dieu à la foule. Ce devait être passionnant puisque les gens l’écoutaient au point d’en oublier de manger ! On ressort malheureusement un peu frustrés de la lecture de ces textes puisqu’il ne nous est pas donné grand-chose du contenu de ses discours. C’est à peine si on a droit à quelques paraboles avec parfois un peu d’explications… On aurait bien aimé être là !

Jésus utilise une autre manière, très concrète celle-là, de nous faire toucher du doigt la tendresse de Dieu : les récits de guérison en sont la manifestation et ils sont particulièrement développés comme c’est le cas de l’épisode de la femme avec ses pertes de sang et celui de la vie redonnée à la fille de Jaïre. Dans toutes ses rencontres, Jésus fait preuve d’une exceptionnelle empathie, d’une tendresse particulière pour les malades, les enfants et pour ceux qui sont touchés par la perte d’un être cher. On se rend compte de la profondeur de son humanité dans ces passages où il alterne les paroles et les actes donnant la preuve d’une compassion particulièrement efficace. Il est vraiment, alors, l’image de son Père.

Il faisait également des aumônes, on en trouve trace dans les récits évangéliques mais donner de l’argent aux pauvres, même si c’est parfois une nécessité, les maintient dans un état de dépendance. La guérison, par contre, est, une libération. C’était particulièrement vrai à une époque où la maladie, comme aussi la perte d’une enfant, étaient vues comme une punition divine ; quant à la perte de sang, elle rendait une femme impure… Le retour à la santé constituait alors une réintégration dans la communauté. Celui qui était guéri retrouvait une place parmi les siens.

Cela reste vrai pour aujourd’hui. Si nous voulons nous mettre à la suite de Jésus, il faudrait donc apprendre à alterner indissociablement les paroles de croyant, les aumônes et les gestes d’humanité qui redonnent une place aux exclus de notre société et transforment les proscrits en personnes fréquentables.

Aucune de ces attitudes ne suffit à elle seule. Certes, pour que les miracles de Jésus soient vraiment des signes de la tendresse de Dieu, il fallait qu’ils soient reconnus en tant que tels. Mais Jésus se méfiait de ceux qui le suivaient uniquement à cause de ces gestes. Il a toujours fait en sorte de modérer l’enthousiasme de ceux qui ne voyaient en lui que celui qui donnait à manger à la foule. Il n’est pas davantage venu uniquement pour guérir quelques malades et redonner la vie à trois ou quatre personnes. Il voulait porter la Bonne Nouvelle du salut dont les guérisons ne sont qu’un signe.

Permettre à nos proches de devenir des hommes à part entière en les intégrant dans la société est l’un des objectifs de chaque chrétien mais notre foi nous fait dire en même temps que la spiritualité est une dimension essentielle de l’existence et que se reconnaître enfant d’un Dieu d’amour nous ouvre des perspectives infinies. Cela passe par le témoignage…

Quant à moi, depuis mes montagnes, je me contenterai, pour un temps, de vous partager quelques merveilles de la Création ! Bonnes vacances à ceux qui peuvent en prendre…