Faites ceci en mémoire de moi


En nous offrant son corps et son sang, Jésus a voulu continuer à être présent à nos côtés concrètement. Les manières de le comprendre sont diverses et le spectre d’interprétation va de certains protestants qui ne voient dans la Sainte Cène que la remémoration d’un souvenir à quelques catholiques qui ont peur de mâcher l’hostie ou qui sont terrorisés à l’idée qu’un atome de Jésus pourrait se perdre ! Nous, nous naviguons peut-être entre ces deux extrêmes…

Si les mystiques parlent souvent d’un Dieu présent au plus intime de chacun, Jésus a choisi de matérialiser cette présence par les espèces du pain et du vin : c’est là plus qu’une image et moins que les sacrifices sanglants des religions anciennes.  Au cours d’une célébration toute centrée sur l’entrée en communion avec lui et entre les participants, Jésus instaure par l’Eucharistie une relation intime avec chacun de nous. 

Il s’agit alors moins d’adorer que de manger, de se nourrir de cette présence et d’assimiler le Christ jusqu’à en faire une partie de nous-même, de ne plus le voir à l’extérieur mais à l’intérieur.

En outre, qu’advient-il de la belle hostie bien ronde ? Comme Jésus mort sur la croix, elle est brisée pour être partagée et permettre à l’assemblée de se réunir en lui. Elle n’est pas là d’abord pour être contemplée mais pour faire de nous son peuple… ce qui n’exclut pas par ailleurs des temps de méditation devant le Saint Sacrement.

Comme nous ne sommes pas de purs esprits, nous avons bien besoin de la présence réelle de Jésus dans le pain et le vin et tout autant dans nos frères !