J’avais omis de vous faire part de la déclaration qui suit :
A l’occasion de la levée de l’excommunication de quatre évêques intégristes, des catholiques de Gironde réunis le 11 février 2009 se sont mis d’accord sur la déclaration suivante :
Sur les déclarations de Richard Williamson, la levée de l’excommunication et les conditions d’une réintégration dans la communion de l’Eglise catholique
Les déclarations négationnistes de Richard Williamson sont intolérables. Nous sommes scandalisés par des propos réitérés qui sont contraires à la vérité historique et qui blessent gravement tous les chrétiens, nos frères juifs, musulmans et athées.
Nous sommes satisfaits de savoir qu’une rétractation claire et entière a été exigée par le Pape avant toute réintégration dans l’Eglise catholique.
Nous prenons acte que Richard Williamson a été sanctionné par le responsable de la fraternité Saint Pie X.
Chrétiens par notre baptême et non par choix idéologique, nous voulons que l’Eglise retrouve son unité et réponde positivement à la prière du Christ " qu’ils soient un comme nous sommes un pour que le monde croie que ta m’as envoyé". Nous approuvons donc toutes les initiatives de rassemblement et de communion entre les diverses Eglises chrétiennes.
S’il convient "d’ouvrir une porte au dialogue" avec les évêques intégristes, il convient tout autant de l’ouvrir aux personnes blessées au sein de l’Eglise : divorcés-remariés, personnes homosexuelles, prêtres mariés.
Nous reconnaissons que le Magistère est une des sources de notre Tradition. Nous croyons que les évêques réunis en Concile sont inspirés par l’Esprit Saint et conduisent le Peuple de Dieu avec justesse. L’unité est importante, mais elle ne peut se fonder ni sur le rejet de tout ou partie des textes d’un concile ni sur une réinterprétation systématique.
La fraternité St Pie X continue d’affirmer, " nous ne pouvons qu’émettre des réserves au sujet du concile Vatican II, qui s’est voulu un concile "différent des autres ".
Pour nous, le concile Vatican II fait partie à part entière de la tradition catholique. II est donc à recevoir dans son intégralité.
Nous espérons que les membres de la fraternité Saint Pie X sauront découvrir la tradition à l’œuvre dans les constitutions et décrets du concile Vatican II. Nous ne nous déroberons pas à des rencontres et des échanges avec eux si l’occasion nous en est offerte.
II Sur le gouvernement de l’Eglise
Comment expliquer l’ignorance du pape -ou des cardinaux en charge du dossier- sur les habituelles
déclarations négationnistes de Richard Williamson et les connivences d’une partie du courant intégriste avec les mouvements d’extrême droite en particulier en Allemagne et en France ?
Comment les dicastères romains peuvent-ils ignorer les répercussions médiatiques de leurs décisions ou de celles du pape ?
Comment un cardinal ou deux peuvent-ils prendre des initiatives sans tenir compte des commissions ad hoc et des observations des évêques des pays les plus concernés (Allemagne, Suisse, France) ? Comment s’exerce, dans l’Eglise, la collégialité voulue et affirmée par le concile Vatican II ? Comment est mise en œuvre l’exercice de la communion ecclésiale ?
III Sur notre attachement aux décisions du Concile Vatican Il
• Nous aimons que l’Eglise soit définie comme "Peuple de Dieu et Corps du Christ". Nous reconnaissons l’autorité du pape et des évêques. Nous aimerions que le collège épiscopal, autour de Pierre, prenne toute sa place au service de la communion.
• Nous aimons que la Parole de Dieu soit reçue comme une Parole vivante qui demande d’être lue et comprise en communauté croyante, au fil des générations. Nous sommes heureux de pouvoir la découvrir davantage dans la réforme liturgique voulue par le concile Vatican II.
• Nous aimons que la liberté de conscience, et donc la liberté religieuse, soit réaffirmée sans ambiguïté. Nous savons que l’annonce de l’Evangile à tous les hommes de ce temps est inscrite dans notre baptême. Nous souhaitons "nous joindre à ces hommes, par l’estime et la charité , engager conversation avec eux, afin qu’eux aussi apprennent dans un dialogue sincère et patient, quelles richesses Dieu, dans sa munificence, a dispensées aux nations ; ….éclairer ces richesses de la lumière évangélique…""
• Nous aimons que le dialogue avec nos frères d’autres confessions chrétiennes soit une préoccupation constante des communautés catholiques. Nous espérons que de nouvelles initiatives, signes pour le monde entier que la paix entre tous les hommes est possible – seront prises dans le dialogue œcuménique.
• Nous aimons que les juifs soient enfin considérés comme nos frères aînés et nous voulons poursuivre le nécessaire dialogue avec eux.
Nous aimons que les catholiques soient invités à découvrir dans les religions non chrétiennes
"avec joie et respect, les semences du Verbe qui s’y trouvent cachées2". Nous souhaitons voir le dialogue
islamo-chrétien s’intensifier : il est nécessaire pour l’avenir de la paix.
IV Sur les préoccupations qui nous habitent nous baptisés et que nous souhaitons voir prises en compte par les responsables de l’église.
• Dans un monde occidental pluraliste, nous souhaitons ouvrir partout des lieux de dialogue et de débat où communiquer avec les forces vives de la cité : travailleurs sociaux, médecins, économistes, urbanistes, éducateurs, …
• Dans un monde capitaliste en crise financière et économique, nous devons chercher activement avec les responsables syndicaux, professionnels, politiques de nouvelles voies pour une économie mondiale où l’homme est premier et où l’argent ne prime pas.
• Dans un monde où les biotechnologies bouleversent les représentations sur la vie humaine, nous pensons que les baptisés doivent prendre en compte les évolutions scientifiques et réfléchir au sens de la vie et de la mort, à la lumière de l’Evangile et des richesses de la tradition chrétienne.
• Dans un monde consumériste où beaucoup sont exclus de toutes les sphères de réflexion et de décision, nous voulons nous engager résolument dans le champ culturel.
• Dans un monde où les femmes accèdent peu à peu aux responsabilités nous aimerions qu’elles soient appelées aux ministères dans l’Eglise.
• Dans une société post- chrétienne qui s’est émancipée de la tutelle de l’église, situation nouvelle dans l’histoire, nous voulons chercher de nouveaux chemins pour vivre et annoncer l’Evangile, en dialogue avec nos contemporains.
Ad gentes § 11
Ad gentes § 11
Merci d’avoir fait connaitre cette déclaration. Amicalement