Pierre et Isa

En ce même temps survinrent des gens qui rapportèrent à Jésus ce qui était arrivé aux Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs victimes.
Prenant la parole, il leur dit: "Pensez-vous que, pour avoir subi pareil sort, ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens?
Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous pareillement.
Ou ces dix-huit personnes que la tour de Siloé a tuées dans sa chute, pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les hommes qui habitent Jérusalem?
Non, je vous le dis; mais si vous ne voulez pas vous repentir, vous périrez tous de même." 
Luc 13, 1-5

 

En quelques lignes ce texte dit des choses fortes.
Il nous rappelle d’abord notre fragilité. Notre vie ne tient pas à grand chose : une erreur humaine, une défaillance technique, un virus nous mettent en danger. Nous savons que nous sommes fragiles, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour l’oublier en multipliant les précautions, en masquant nos angoisses, en nous étourdissant d’occupations. Nous n’avons plus une minute, nous n’avons pas le temps de penser, alors ça nous rassure, jusqu’au jour où nous sommes rattrapés par la vie et d’autant plus perturbés que nous ne sommes pas prêts.
Le texte nous met en garde aussi contre nos « pourquoi ? » La réaction est normale de se tourner vers le ciel quand un malheur arrive. Pourquoi moi ? Pourquoi eux ? Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Dieu les a punis, il les a appelés… tout cela ne veut rien dire. Il faudrait peut-être arrêter de penser à la place de Dieu. « Il n’y a pas de pourquoi » dit Jésus, pas de punition divine, aussi bien quand il s’agit de révoltés qui se font massacrer comme les Galiléens, que pour ces pauvres gens victimes d’une tour qui s’effondre.
Bien sûr il faut trouver les causes pour que les désastres ne se reproduisent pas, mais elles sont sur terre, pas dans le ciel.
Cela ne veut pas dire que tout cela n’a pas de sens. Une catastrophe est toujours un appel à changer. C’est la dernière chose que nous dit Jésus dans ce texte. La vraie question est là : est-ce que nous allons changer ? Une fois la première émotion passée, nous allons reprendre notre vie d’avant pour la plupart. Là est le vrai scandale, le risque qu’ils soient morts pour rien. Que la compassion passe est naturel, elle ne suffit pas, mais allons-nous nous convertir ?
La transmission à ces enfants de ce qu’étaient leurs parents est un devoir, non pour les tourner avec nostalgie vers le passé, mais pour qu’ils sachent pourquoi vivaient leurs parents et qu’ils en vivent à leur tour à leur manière. Ils ont vécu pleinement, il faudrait que leur mort soit pour nous et pour eux un appel à vivre sans fuite.
Ainsi leur vie se poursuivra dans leurs enfants, en nous, si nous en sommes dignes. J’espère qu’elle s’est épanouie en Dieu. Que son amour qui nous enveloppe et qui nous porte dans la détresse les prenne tout entiers et nous renvoie quelque chose de leur amour.

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