Je crois « en »

Je ne crois pas « à » Dieu comme je crois que demain il fera jour, cela voudrait dire que je suis à l’extérieur de lui et que je suis capable de l’évaluer. Certes, je peux dire sur lui une foule de choses, le couvrir d’images et de définitions mais tout bon chrétien est conscient qu’il n’y a là que de vagues approximations dont Dieu lui-même est infiniment loin.

En disant je crois « en » Dieu, je change de mode d’approche, je change le signe de l’infini : de l’infiniment loin, je vais vers l’infiniment proche. J’arrête d’accumuler les moyens à entasser pour m’approcher d’un Dieu qui s’éloigne à l’horizon, j’affirme que je suis « en » lui, plongé « en » lui : c’est mon milieu, mon habitat, l’air que je respire, la terre qui me porte et me nourrit, le feu qui me réchauffe, mon toit, mes proches, les autres que je rencontre… 

D’un but lointain que je désespère d’atteindre, Dieu devient celui dont je suis le plus proche, « plus proche de moi que moi-même » comme disait saint Augustin. Je baigne en lui tout au long de mon existence, en particulier par l’intermédiaire de ceux qui sont avec moi. Je ne l’aborde plus comme une question abstraite (est-ce qu’il existe ou non ?), je ne renonce pas pour autant à parler de lui mais je reconnais que le connaître est une tâche impossible alors que j’aime goûter le plaisir de sa présence.

Ce que le Je crois en Dieudit du Père, il le dit pareillement du Fils et de l’Esprit. L’allusion à la Trinité met du mouvement et même un maelström, dans ce ‘’bain’’ qui, sans cela, semblerait trop statique.

Dans la suite du Je crois en Dieu,je dis que je crois « à » : à l’Église, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Il y a dans ces affirmations beaucoup d’attentes essentielles, beaucoup d’espérance dans des promesses qui me concernent. Il s’agit de réalités qui me touchent directement, qui sont déjà là mais qui sont encore grandement à venir.

Ce n’est pas comme la Trinité : trois personnes qui sont pleinement présentes aujourd’hui et prêtes à m’accueillir.

En ces temps de vide qui, nous semble-t-il, nous laissent éloignés de tout et de tous, il est bon de renforcer notre foi en cette plénitude qui nous accueille.

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