Que la fête était belle !

L’inauguration de l’église saint Jean-Marie Vianney après travaux a été une grande réussite. Au fur et à mesure qu’elle se déroulait mon plaisir grandissait devant la joie des participants qui s’exprimait de plus en plus largement et qui a gagné jusqu’à notre évêque qui m’en a fait la remarque. Tout le monde était heureux, même ceux qui, comme nos architectes, ne sont pas des familiers de nos églises. Des gens qui ne faisaient que se côtoyer au cours des messes se sont découverts, ils ont parlé ensemble, heureux de se découvrir plus largement et d’échanger autre chose que de vagues salutations. Vous tous, acteurs de la journée, avez laissé transparaître votre bonheur de suivre Jésus. Ce temps était à l’image de notre communauté, simple et chaleureuse, vivante et priante.
Les temps se sont succédés : la chorale Croqu’notes, puis l’inauguration elle-même avec les officiels, toute en décontraction. Le temps fort de la bénédiction de la croix par notre évêque. Puis on a pris l’apéritif. J’avais peur devant la foule qu’il n’y en ait pas pour tous, mais non chacun a pu piquer quelque chose et boire un verre. Cela avait demandé beaucoup de travail mais la réussite était là.
Puis ce fût la messe. L’église était comble, avec beaucoup de gens debout, ils voulaient tous être là pour ce grand jour. Les chants repris par tous, le poème, l’orchestre avec ses jeunes toujours aussi performants, le chant « cette maison n’est pas de pierre seulement » disait bien que ce n’était pas que des murs que nous fêtions mais le dynamisme de notre communauté pessacaise prenant un nouveau souffle.
Après la bénédiction finale nous avons dégagé les chaises, installé des tables, tout était prêt pour le repas. Chacun a mis sur la table ce qu’il avait préparé et il y en a eu pour tous. Il en restait même comme le jour de la multiplication des pains. Que l’église puisse être ainsi un lieu convivial où l’on puisse faire la fête, boire un apéritif, partager un repas, tout en priant ensemble en a frappé plus d’un. C’est le chef de chœur de la chorale de Saintes, elle qui a terminé la soirée avec son concert de musiques sacrées et profanes, qui l’a exprimé le plus fortement.
J’ai détourné vers tous les acteurs de cette journée les remerciements qui m’étaient adressés, non par modestie mais parce que je suis convaincu que c’est grâce à l’investissement de tous que nous sommes parvenus à ce résultat unanimement salué. Chacun a pris à cœur la responsabilité qu’il avait choisie ou que l’on lui avait attribuée et l’a menée jusqu’au bout, sans se prendre la tête et sans interrogation superflue, sérieusement et avec toute sa compétence. Le travail de chacun, mis bout à bout, à pris sa place dans un ensemble qui avait beaucoup de classe et de cohérence. Nous poursuivions un même but : exprimer notre bonheur de prier ensemble dans un lieu rénové et qui a trouvé une beauté nouvelle.
Les tensions ont été minimes et ont été vite dépassées afin que notre réalisation passe avant des sensibilités personnelles. Toutes les composantes du secteur n’ont pas pu s’exprimer, mais c’était difficile et il était normal que les paroissiens de saint Jean-Marie Vianney aient la première place. Pourtant c’était bien une fête de secteur, l’ampleur de la participation en était le témoignage.
Pour moi cette fête est l’image de ce que doit être notre secteur : une communauté de croyants où chacun prend sa place, selon ses capacités et ses charismes, où chacun assume ses responsabilités jusqu’au bout et avec une grande autonomie, sans oublier pour autant qu’il est au service de l’ensemble et qu’il n’agit pas pour son compte ou pour celui d’un groupe particulier. Le secteur est là non pour gommer les diversités mais pour les unifier dans des expériences d’église où chacun prend sa place.
Le prêtre, et le curé en particulier, n’est plus alors un super organisateur, un homme qui doit décider de tout en dernière instance. Il est, avec toutes ses limites, le symbole et l’agent de la communion. Grandement incompétent dans la plupart des domaines, il doit permettre à chacun  de s’exprimer et de se mettre au service de la mission commune. Il préside plus qu’il ne dirige, essayant d’être attentif à ce qui germe comme possibles qui pourraient être profitables à l’ensemble. En évitant de s’enfermer dans un petit groupe de paroissiens, il favorisera l’annonce de l’évangile au plus grand nombre.
Aidez-nous à animer le secteur dans ce sens et répondez à votre tour à l’injonction du prophète Isaïe : « élargis l’espace de ta tente, déploie les tentures de ta demeure ! Ne les retiens pas ! » (Is. 54, 2-26).
À nous maintenant d’habiter cet espace rénové. Je souhaite en particulier que l’image de Jésus, pendu au bois du supplice à l’entrée du chœur et qui se penche vers nous, ne devienne pas une pièce de mobilier comme une autre mais qu’elle nous invite, en passant par la croix, à nous ressourcer à sa source d’eau vive pour repartir vers nos frères et leur partager la Bonne Nouvelle de la résurrection.

Laisser un commentaire