Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il paraît avoir. »
Encore un texte surprenant. On s’attendrait de la part de l’évangile à plus de compassion envers ceux qui n’ont rien. Jésus nous dit au contraire qu’ils vont perdre même le peu qu’ils ont.
Il faut dire que nous ne sommes pas ici dans une perspective comptable. Il ne s’agit pas de possession matérielle, de pauvres qu’il faudrait soutenir par des dons. Nous sommes plutôt dans une dimension spirituelle. Dans ce domaine, il semble bien que Jésus ait raison : moins on en fait et moins on en a. Les progrès dans ce domaine sont réservés à ceux qui cherchent, qui pratiquent, qui se renseignent. Combien de personnes en sont restés à la foi de leur enfance, ce qui veut dire quelques notions générales, quelques vagues émotions dont elles ont parfois la nostalgie. La plupart du temps, ils perdront le peu qui leur reste, trop fragile pour résister aux bouleversements de la vie.
Ill est difficile de résister au tourbillon des images de notre société, aux démarches illusoires qui tendent à nous disperser et à nous empêcher d’écouter.
« écoute Israël » est un des refrains de l’Ancien Testament. « Faites attention à la manière dont vous écoutez » dit le texte d’aujourd’hui. Dans une civilisation de l’image, il est d’autant plus difficile de se détacher des miroirs aux alouettes pour faire le point sur ce qui est essentiel. Cela suppose un effort, un arrêt, une pause dans le flot qui nous emporte d’heure en heure. La prière, la méditation, la révision de vie sont des exercices bien utiles pour ne pas perdre le peu que nous avons encore.