Des sadducéens – ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de résurrection – vinrent trouver Jésus, et ils l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu’il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour femme ? »
Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »
Le débat entre croyants était déjà ouvert sur la vie après la mort. Il commençait juste d’ailleurs parce que les religions ne parlaient pas encore clairement d’une vie heureuse avec Dieu. La plupart évoquaient juste une survie larvaire, contrairement aux allégations de Michel Onfray soit dit en passant.
Avec Jésus au moins c’est clair et net. On peut regretter malgré tout un certain flou dans les modalités ! Qu’est-ce que c’est que cette vie après la vie ? Le fait de vivre comme des anges ne nous avance pas beaucoup. L’exemple de Jésus ressuscité contribue encore plus à nous déconcerter. Il passe à travers les murs, mais il mange, il boit et il se laisse toucher.
Il ne s’agit donc pas seulement d’une survie de l’âme, nous disons d’ailleurs « je crois à la résurrection de la chair » dans le Je crois en Dieu.
J’aime bien d’ailleurs que ce ne soit pas trop simpliste, ça fait moins inventé. Il faudrait être un peu tordu pour aller chercher des trucs pareils. Mais bon d’accord, ça ne prouve rien. La phrase est forte quand même : « ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu en étant héritiers de la résurrection ».
Qu’est-ce que ça veut dire de passer dans l’au-delà avec tout le poids de notre histoire, de nos relations, de nos amours, ce que nous avons acquis, nos espérances et nos joies, enfin tout ce qui fait la vie d’un homme et qui représente, à mon avis le corps dont il est question dans notre profession de foi ? Vivre pleinement, sans les limites qui nous enferment pour l’instant, est un bon programme. Mais Jésus ne nous dit rien de plus. Notre manière d’aimer sera élargie à l’extrême, semble-t-il, puisque nous ne serons pas enfermés dans des relations particulières. Pour autant notre vie devrait garder l’empreinte de ce que nous aurons construit par nos relations.
Bref, on ne sait pas trop, ce n’est pas simple, mais ce sera bien ! C’est promis !