Avatar 2

Cette fois je suis allé voir Avatar !
2h40 et je ne me suis pas ennuyé. De fait c’est un bon western, du genre où les indiens sont les bons et gagnent à la fin sauf, qu’en l’occurrence, les indiens sont d’un joli bleu. Attention à ne pas confondre : contrairement aux Stroumpf les Na’vis font 3 mètres.  C’est du grand spectacle et la 3D donne de la profondeur à l’image, même si elle est moins impressionnante qu’au Futuroscope de Poitiers. L’histoire est peut-être un peu trop violente pour les gamins de 6-7 ans qui étaient présents en masse dans la salle.
Il est vrai que l’idéologie écolo est bien présente en toile de fond. James Cameron, le réalisateur, projette même de faire un livre pour développer en profondeur l’univers d’Avatar. Sans doute que son succès commence à lui monter à la tête et qu’il se prend pour un nouveau Messie de la cause écologique.
Dans le style grand spectacle le film est bien fait. On avait déjà eu la saga du « Seigneur des anneaux » et celle de « la guerre des étoiles », mais là le sujet était  plus « chrétien » au sens où il s’agissait du combat classique entre le bien et le mal, même si les frontières étaient parfois un peu floues. En tout cas le bien l’emportait toujours à la fin comme dans les westerns classiques.
La victoire est pour les bons dans Avatar aussi sauf que le personnage central, en dehors du héros humain et de son avatar, est la nature ; peut-être que tous les spectateurs ne s’en aperçoivent pas. Le peuple vit en communion avec elle, elle inclut les ancêtres qui sont toujours vivants, elle étend ses synapses de proche en proche à tous les arbres et aux êtres vivants s’ils sont capables de communiquer avec elle, elle participe à la révolte à la fin pour défendre l’existence commune.
En face il y a les méchants humains qui ne pensent qu’au profit en exploitant les ressources naturelles sans craindre de mettre en danger un environnement qui n’est pas le leur. Il s’en fallait de peu qu’ils ne prennent le dessus !
Pourquoi ne pas se laisser prendre par la magie de l’histoire ? Elle n’est pas pire que les fadaises que l’on fait avaler aux enfants avec les princes et les princesses, les dragons, les Hello Kitty et les Dora avec leurs rêveries à la petite semaine dont on cherche même l’intérêt pédagogique. Heureusement qu’il y en a d’autres.
Ces histoires, il est vrai, sont surtout niaises alors qu’Avatar prétend au sérieux. Le film remet en selle de vieux fantasmes de l’humanité, ceux des indiens de l’Amérique du nord et du sud qui parlent de la « terre mère », de toutes les religions traditionnelles qui enchantent le monde en lui donnant une âme, en le peuplant d’êtres fantastiques et en en faisant le lieu de rencontre des ancêtres morts qui y poursuivent une existence fantomatique. Nous avons la nostalgie de ces mentalités magiques qui nous changent des rapports hyper rationalisés et instrumentalisés avec notre entourage, d’autant que les discours sur notre mère la terre ne manquent pas de pertinence au dire de saint François. Nous aimerions parfois retrouver quelque chose de notre âme d’enfant.
Certains philosophes, parmi les plus grands, sont appelés à la rescousse pour apporter leur caution au néo paganisme ambiant, surtout Spinoza et Nietzsche. Ils nous plongent, chacun à sa manière dans un monde animé de l’intérieur par une énergie créatrice. Bergson et Teilhard de Chardin en ont fait une relecture plus chrétienne qui ouvre des perspectives pour poursuivre la recherche.
Le christianisme, depuis ses débuts, a gagné du terrain au sein des nations barbares en s’appuyant sur leurs représentations magiques et en reprenant un certain nombre de leurs coutumes qu’il a transfigurées de l’intérieur. On appelle inculturation cette manière de se couler dans une pensée étrangère pour la christianiser à la racine. C’est à cause des religions traditionnelles que Noël est le 25 décembre et que nombre de nos lieux de culte se sont implantés sur des sites de culte païen. Les chrétiens seront-ils capables de relever le défi de l’écologie au XXIe siècle ? Jésus vaut bien tous les Na’vis et les Frodon de nos imaginaires.

 

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