Détends-toi Benoit !

Bon d’accord, ils n’ont pas été gentils avec toi en critiquant ta venue à la Sapienza. Mais il faut les comprendre : les profs ont peur de la concurrence et voir super-prof débarquer dans leur domaine a de quoi les inquiéter. Quant aux étudiants, déjà qu’ils supportent des discours remplis de certitudes toute la journée, tu peux accepter qu’ils rechignent à en avaler encore, surtout que les tiens sont gratinés.
N’ai pas peur, ce n’est pas après Jésus, ni après le Dieu d’amour, ni après l’Esprit de feu qu’ils en ont, juste après toi. Ils ne sont pas vraiment méchants. Ils ont mal lu tes discours précédents sans doute, mais ce n’est pas une raison pour te mettre en colère, pour bouder, pour faire des communiqués de presse, pour appeler à manifester : 200 000 selon les organisateurs ; les chiffres de la police n’ont pas été communiqués et heureusement, tu sais combien ils comptent mal.
Tu es un peu vexé, tu les trouves intolérants et ils le sont sans doute. Je me mets à ta place : tu es directement inspiré par la lumière divine. Mais tu n’es que le vicaire du Christ et sa grâce ne te donne pas le privilège de la vérité absolue sur tous les sujets. Il ne sert à rien de faire preuve d’intolérance à ton tour. écoutes-les au lieu de te fâcher, ils ont peut-être des choses à te dire de la part de Dieu.
Mais au fait, pourquoi tu es fâché ? Tu serais donc touché aussi profondément par la réaction de quelques étudiants et de leurs professeurs ? Pourquoi entrer dans une telle polémique ? Je te croyais au-dessus de la mêlée en tant que Pape. C’est ton orgueil de prof qui est atteint ? Je le sais, ce n’est pas facile quand on enseigne des matières qui nous tiennent à cœur de rencontrer des auditeurs indifférents. Mais bon, c’est ce qui arrive à tous les enseignants et même tous les éducateurs.
Tu te rêves en Jésus enseignant aux docteurs. Mais rappelle-toi, c’est quand il était ado, dans les douze ans. Ça impressionne toujours à cet âge. Ensuite les scribes, les docteurs de la Loi, les Pharisiens l’ont rejeté, l’ont condamné et pas à cause de broutilles, parce qu’ils refusaient le fond même de son message d’amour, d’attention aux délaissés, de refus de la violence, de paix. Avec toi on n’en est pas encore là, à moins que tu ne te trompes de fond.
Ta petite personne a peu d’importance. C’est l’avenir de l’église qui nous intéresse, la manière dont elle rejoint les hommes pour leur annoncer la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Tu vas me dire qu’aujourd’hui tu as parlé du Togo, du Timor oriental, de l’importance de l’écriture pour le rapprochement entre Chrétiens, de bien d’autres sujets et que ça n’intéresse personne. Tu as tout à fait raison, la communication est difficile à gérer. Mais c’est toi le chef.
Alors étonnez-moi Benoît !

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