Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 9, 1-6)

Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « N’emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange. Si vous trouvez l’hospitalité dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez. Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

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Cela me fait penser au proverbe africain ( ? ) qui dit : « quand tu vas à la source, pars avec une cruche vide ». Ce n’est pas que nous n’ayons rien à apporter, mais, s’il s’agit d’un partage, il est nécessaire que j’arrive jusqu’à l’autre comme un pauvre et non comme quelqu’un qui possède la vérité et qui va la lui asséner.
L’ACO disait, il y a peu : « l’Esprit nous précède dans la classe ouvrière ». Je persiste à croire qu’il est présent, et pas que dans la classe ouvrière… Plus que des vérités, c’est un regard que nous avons à apporter en tant que chrétiens, des lunettes permettant de déchiffrer sa présence au cœur de nos vies. Celui qui voit peut changer de vie, retrouver l’espérance à partir du moment où il se rend compte qu’il n’est pas seul, s’il croit en l’amour qui nous porte.
Pourtant, avant de parler, il faut être capable de se faire accueillir. Le plus difficile n’est pas d’accueillir les autres, surtout s’il s’agit de bouleverser ses habitudes un instant seulement. Il est plus délicat de se faire accepter, de faire en sorte que quelqu’un nous tolère dans son environnement jusqu’à accepter de parler, de faire un bout de chemin ensemble.
Moins que de se faire comprendre, nous avons besoin d’écouter. Nous n’aurons pas à nous perdre dans des explications sans fin, si les paroles que nous portons en nous trouvent un écho chez l’autre parce que nous sommes déjà en communion avec lui, parce qu’il nous a laissé venir jusqu’à lui.
Jésus s’est toujours situé comme un pauvre et il est frappant de voir le nombre de fois où il a été invité. Les gens lui ont ouvert leur porte et c’est alors qu’il a pu les sauver, ils ont accepté son regard et ils ont pu être guéris et pardonnés.

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