Hérode, prince de Galilée, apprit tout ce qui se passait, et il ne savait que penser, parce que certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts.
D’autres disaient : « C’est le prophète élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. »
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter ; mais qui est cet homme dont j’entends tellement parler ? » Et il cherchait à le voir.
Même Hérode qui cherche à voir Jésus. Il n’a pas vraiment digéré le meurtre de Jean-Baptiste. Ceci dit, il a les pieds sur terre, il ne croit pas aux revenants. Il avait été séduit par Jean et en même temps agacé par ses critiques. Il perçoit la même chose avec Jésus : il pressent que c’est un homme hors du commun dont la critique risque de le déstabiliser, mais il est attiré, avec l’idée que ce qu’il apporte est fondamental.
Il me semble qu’il y a cette même ambiguïté chez les hommes politiques d’aujourd’hui, du moins le peu que j’ai rencontré. Ils sont conduits, de par leur statut, à des comportements et à des actions dont ils sentent bien les limites morales. En même temps, leurs discours et leurs promesses font miroiter des propositions idéales qui les font rêver eux aussi.
Comme nous tous en fait, ils sont pris entre la séduction d’une perfection hors d’atteinte et la dureté du réel dans laquelle ils s’enferment, plus que nous encore dans la mesure où nous pensons pouvoir encore résoudre quelques tensions. Cela se sent bien dans les échanges personnels : leur intérêt n’est pas que feint, ils sont capables de s’interroger sinon de changer leur comportement.
Hérode était un pourri. Jésus l’appelait : « ce renard ». Pourtant lui aussi cherche à voir Jésus. Sans doute n’était-il pas satisfait de la manière dont il vivait.