Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.
On dirait un acte de pure compassion : une femme a perdu son fils et Jésus lui rend, simplement. Peut-être bien que ce n’est que ça, l’acte sans calcul de quelqu’un qui sait pouvoir répondre à une grande détresse.
Il est difficile de faire de même. Non pas que nous ne pourrions rien faire, mais plutôt que nous hésitons à agir parce que nous nous posons trop de questions : est-ce bon pour lui ? est-ce que je ne me fais pas avoir ? n’y a-t-il pas des misères plus importantes ? est-ce que je vais être efficace ? La générosité se pose des questions devant les dangers de l’assistanat.
Il est tentant d’apaiser sa conscience par un don sans lendemain qui ne touche pas à la misère réelle. D’un autre côté, ne rien faire au nom d’une idéologie ou du choix d’une attitude n’est guère satisfaisant. N’est-ce pas une manière de refuser l’autre ?
Il ne faudrait pas trop vite fermer la question et se demander régulièrement quels sont les actes gratuits dont je suis capable. Juste pour vérifier que je ne suis pas trop attaché à mon argent ou à mon petit confort, sans oublier que chaque acte peut prendre place dans un projet plus vaste.