La sainteté de l’église

Mgr Fellay, évêque intégriste, essaie de convaincre les plus réticents de la Fraternité Saint Pie X des bienfaits d’une reconnaissance canonique: "L’un des dangers majeurs est de finir par inventer une idée de l’Eglise qui paraît idéale, mais qui ne se trouve pas en fait dans l’histoire réelle de l’Eglise. Certains prétendent que pour travailler « en sécurité » dans l’Eglise, il faut préalablement qu’elle soit nettoyée de toute erreur. C’est ce qu’on dit quand on affirme qu’il faut que Rome se convertisse avant tout accord, ou que les erreurs doivent d’abord avoir été supprimées pour qu’on puisse travailler. Mais ce n’est pas la réalité. Il suffit de regarder le passé de l’Eglise, souvent et même presque toujours, on voit qu’il y a des erreurs répandues dans l’Eglise. Or les saints réformateurs ne l’ont pas quittée pour combattre ces erreurs. Notre Seigneur nous a appris qu’il y aurait toujours de la mauvaise herbe jusqu’à la fin des temps".

Je m’étonne d’être en accord avec lui ! En déplaçant un peu le problème…

Je rencontre beaucoup de gens qui s’éloignent de l’église ou ne participent pas à sa vie parce qu’ils ne sont pas en plein accord avec elle. Ils ont beaucoup de griefs contre le pape, les évêques, les prêtres les institutions, alors ils refusent de s’engager dans son sein.

Si encore ils allaient jusqu’à perdre la foi je comprendrais, mais non, ils continuent à se dire croyants, vont à la messe, prient, ont souvent des engagements dans la société et ils assument leurs choix au nom de leur foi ; ils sont reconnus comme chrétiens dans leurs milieux de vie tout en refusant de prendre la moindre responsabilité au sein des organisations ecclésiales. Celle qui met ses talents de conteuse au service des enfants du centre social refusera de raconter un texte biblique dans le cadre de la catéchèse ; celui qui est engagé au niveau de l’écologie refusera de participer à une réflexion sur ce thème si elle est organisée par le diocèse ; celui qui est engagé dans des actions de solidarité refusera de se compromettre dans une action menée par la paroisse. Chrétien oui, mais réticent s’il s’agit de témoigner de l’importance de sa foi devant des copains.

D’autres encore se disent chrétiens mais ils ne prient presque pas, ne vont jamais à la messe, ne suivent aucune réflexion sur leur foi, ne pratiquent aucun sacrement… et s’étonnent de ce qu’ils s’éloignent de la foi, ils la trouvent enfantine, butent sur la moindre question. Ils se contentent de quelques sentiments et de ce qu’ils ont appris en CM2, au mieux ; des idées contradictoires se bousculent dans leur tête mais ils ne font rien pour y mettre de l’ordre. Il faudrait que tout soit évident, à moins que eux aussi rêvent d’une église transparente, peut-être ont-ils peur de s’interroger.

On dirait qu’ils ont honte de faire église alors qu’elle les a mis sur le chemin de la foi qui les fait vivre. Ils la voudraient pure et sans tâche, à l’abri de toutes les compromissions, ils voudraient une foi sans contradictions. Alors qu’ils comprennent les limites des organisations dont ils font partie, il faudrait que l’église en soit préservée.

Ce n’est pas totalement de leur faute : à force de nous parler de l’église une, sainte, catholique et apostolique, de l’infaillibilité pontificale, de l’Esprit Saint présent à tous les étages du plus humble au sommet… on en viendrait à oublier qu’elle reste une société humaine formée d’hommes imparfaits, en marche ; qu’un pape ne maîtrise pas obligatoirement la gestion et la théologie à la fois et que les puissances d’argent sont à l’affût, au plus près, dès que des capitaux circulent.

Nous avons besoin de nos deux jambes pour avancer à la suite de Jésus : celle de nos implications dans le monde et celle que nous tenons de l’église. Le Chrétien qui avance à cloche-pied pense, soit que la Bible a réponse à tout et il plane, soit que la foi est un supplément facultatif, juste bon à nous remonter le moral de temps en temps et il se perd.

Ce n’est pas à cloche-pied que l’on va de la terre jusqu’au ciel.

Laisser un commentaire