Après « la paix Benoît » quelques remous sans plus pour ce qui me concerne. Les réactions se multiplient par ailleurs et c’est heureux.
Suite aux messages que j’ai reçus et en évitant la polémique, je voudrais donner une précision à l’intention de ceux qui ont été interrogés par l’allusion à mon départ sur la pointe des pieds.
Non je ne menace pas de démissionner, bien au contraire. Non seulement ça ne servirait à rien, mais en plus je n’ai aucune envie de partir, je suis bien à Pessac. La collaboration avec mes deux frères prêtres, avec deux diacres, avec les trois laïcs nommés par l’évêque se passe au mieux. Nous sommes bien aidés par le conseil pastoral et une bonne centaine de responsables divers qui prennent tous leur place dans la mission. Si la perfection n’est pas de ce monde, c’est à plusieurs que nous accueillons ceux qui se présentent pour des baptêmes, des mariages, des obsèques, ensemble que nous célébrons ces temps forts de la vie, chacun à sa place et selon ses capacités. Les célébrations dominicales connaissent une bonne fréquentation, elles sont animées et priantes. Les enfants du catéchisme, aidés par leurs parents et des catéchistes, progressent dans la découverte de la foi, même si nous essayons d’imaginer des évolutions. Les plus âgés se retrouvent au conseil des anciens, ils ont réfléchi sur Noël et bientôt sur le carême. Les jeunes participent aux aumôneries, il y a des « Jeunes Chrétiens en Solidarité » et un conseil des jeunes dont la principale décision a été d’organiser un temps de prière hebdomadaire. Les relais se retrouvent pour dynamiser la vie de chacune des paroisses. Il y a de l’ACI et de l’ACO, du MCR, un peu de JOC, des groupes de solidarité. J’en oublie bien entendu…
Bref ça bouge, ça vit, ça prie, ça réfléchit, ça chante, ça célèbre, ce n’est pas parfait, on y travaille, mais les paroisses sont dynamiques et nous essayons que la Bonne Nouvelle soit annoncée au plus grand nombre, sans crispations excessives et dans l’espérance.
Non je ne menace pas de démissionner, bien au contraire. Non seulement ça ne servirait à rien, mais en plus je n’ai aucune envie de partir, je suis bien à Pessac. La collaboration avec mes deux frères prêtres, avec deux diacres, avec les trois laïcs nommés par l’évêque se passe au mieux. Nous sommes bien aidés par le conseil pastoral et une bonne centaine de responsables divers qui prennent tous leur place dans la mission. Si la perfection n’est pas de ce monde, c’est à plusieurs que nous accueillons ceux qui se présentent pour des baptêmes, des mariages, des obsèques, ensemble que nous célébrons ces temps forts de la vie, chacun à sa place et selon ses capacités. Les célébrations dominicales connaissent une bonne fréquentation, elles sont animées et priantes. Les enfants du catéchisme, aidés par leurs parents et des catéchistes, progressent dans la découverte de la foi, même si nous essayons d’imaginer des évolutions. Les plus âgés se retrouvent au conseil des anciens, ils ont réfléchi sur Noël et bientôt sur le carême. Les jeunes participent aux aumôneries, il y a des « Jeunes Chrétiens en Solidarité » et un conseil des jeunes dont la principale décision a été d’organiser un temps de prière hebdomadaire. Les relais se retrouvent pour dynamiser la vie de chacune des paroisses. Il y a de l’ACI et de l’ACO, du MCR, un peu de JOC, des groupes de solidarité. J’en oublie bien entendu…
Bref ça bouge, ça vit, ça prie, ça réfléchit, ça chante, ça célèbre, ce n’est pas parfait, on y travaille, mais les paroisses sont dynamiques et nous essayons que la Bonne Nouvelle soit annoncée au plus grand nombre, sans crispations excessives et dans l’espérance.
Ce n’est pas sur ce point que portait mon interrogation.
Je voulais insister sur le fait que je ne me donne pas ma mission mais que je la reçois de l’église, de mon évêque plus concrètement. Je suis à Pessac parce qu’il m’y a envoyé, J’y reste tant qu’il me maintient sa confiance. Je ne suis pas propriétaire de mon poste pas plus que de la manière dont je l’assume. Je ne suis pas davantage libre d’interpréter l’évangile selon mes humeurs ou de célébrer selon mes caprices. Je n’ai pas à juger les orientations de l’église et c’est pour cela que je suis particulièrement choqué par les intégristes quand ils se permettent de juger un Concile ou qu’ils se prétendent au-dessus de la grande majorité des chrétiens, le « sensus fidei ». Mais de ça aussi ils se sont emparés le revendiquant pour eux.
J’ai besoin de la reconnaissance de mon évêque pour rester curé de mes paroisses, comme pour mes relations en dehors. Quand je suis reçu par le maire, il est important qu’il sache que je suis en communion avec l’église, quand je participe à l’entraînement dans mon club d’aïkido (ils m’appellent « padre » !), quand je rencontre mes amis, il est essentiel qu’ils sachent que je suis un prêtre reconnu par mon évêque et non un fantaisiste. Je ne suis pas à mon compte, je ne fais pas ma promotion personnelle pas plus que celle de mes idées.
Ceci dit, il est vrai que j’ai pris des orientations, que j’ai fait mon séminaire dans la foulée du concile, que je suis issu de la mouvance action catholique pour qui l’image du levain enfoui dans la pâte est central : Mat 13, 33, Luc 13,21. Rejoindre les gens dans leur vie avec respect, communier à leurs préoccupations, à leurs questions, à leurs espérances et à leurs doutes est premier. Ce n’est que dans ce contexte que la Parole peut-être annoncée pour que la pâte lève dans son ensemble. Parler à chacun dans sa langue, lui apprendre que Jésus le rejoint dans sa vie et l’appelle, lui permettre d’aller jusqu’à lui et de le prier, voilà comment j’ai compris Vatican II et comment j’essaye de le vivre.
Si l’église me disait un jour que j’ai tort, si je ne pouvais plus être prêtre de cette manière, je me sentirais désavoué, je me poserais des questions sur ma manière d’être chrétien. Je me sens incapable d’adhérer aux thèses intégristes et même de me rapprocher des manières traditionalistes, mais je ne suis pas prêt à partir en croisade. Par respect pour l’église je me mettrais donc sur la touche sans esclandre.
Plaise à Dieu que cela n’arrive pas !
Je ne crois pas que le risque soit grand…
J’ai besoin de la reconnaissance de mon évêque pour rester curé de mes paroisses, comme pour mes relations en dehors. Quand je suis reçu par le maire, il est important qu’il sache que je suis en communion avec l’église, quand je participe à l’entraînement dans mon club d’aïkido (ils m’appellent « padre » !), quand je rencontre mes amis, il est essentiel qu’ils sachent que je suis un prêtre reconnu par mon évêque et non un fantaisiste. Je ne suis pas à mon compte, je ne fais pas ma promotion personnelle pas plus que celle de mes idées.
Ceci dit, il est vrai que j’ai pris des orientations, que j’ai fait mon séminaire dans la foulée du concile, que je suis issu de la mouvance action catholique pour qui l’image du levain enfoui dans la pâte est central : Mat 13, 33, Luc 13,21. Rejoindre les gens dans leur vie avec respect, communier à leurs préoccupations, à leurs questions, à leurs espérances et à leurs doutes est premier. Ce n’est que dans ce contexte que la Parole peut-être annoncée pour que la pâte lève dans son ensemble. Parler à chacun dans sa langue, lui apprendre que Jésus le rejoint dans sa vie et l’appelle, lui permettre d’aller jusqu’à lui et de le prier, voilà comment j’ai compris Vatican II et comment j’essaye de le vivre.
Si l’église me disait un jour que j’ai tort, si je ne pouvais plus être prêtre de cette manière, je me sentirais désavoué, je me poserais des questions sur ma manière d’être chrétien. Je me sens incapable d’adhérer aux thèses intégristes et même de me rapprocher des manières traditionalistes, mais je ne suis pas prêt à partir en croisade. Par respect pour l’église je me mettrais donc sur la touche sans esclandre.
Plaise à Dieu que cela n’arrive pas !
Je ne crois pas que le risque soit grand…
Si je peux me permettre une dernière remarque… est ce que notre vision n’est pas trop occidentale ? Il n’est pas vrai que le christianisme recule partout dans le monde. Il progresse encore en Afrique et surtout en Asie, en fidélité au concile Vatican II et aux langues locales. Chez nous il intéresse encore de grands esprits comme Michel Serres ou René Girard pour ne citer qu’eux. La parole de Jésus continue à provoquer les hommes d’aujourd’hui, elle les amène à se poser des questions sur ce qu’ils vivent, j’en fais l’expérience au quotidien.
Que l’attention à quelques nostalgiques réactionnaires ne soit pas un frein à l’élan de l’Esprit.
Amen !
Que l’attention à quelques nostalgiques réactionnaires ne soit pas un frein à l’élan de l’Esprit.
Amen !