
Nous pensions en finir bientôt avec le virus et voilà que nous comprenons qu’il va falloir encore des mois avant d’en sortir… si nous en sortons un jour ! La lassitude nous guette et nous risquons perdre espoir, nous contenter d’une vie en demi-teinte. Si nous nous habituons aux masques, il ne faudrait pas pour autant que la peur nous empêche de vivre !
Il faut que les enfants continuent de recevoir le baptême, que les petits s’éveillent à la foi, que les plus grands soient catéchisés, que les adultes qui sont en recherche trouvent une oreille pour écouter leurs demandes, que ceux qui veulent se marier soient accueillis et reprennent confiance… Il faut que nos églises se remplissent à nouveau et accueillent des communautés vivantes, que les équipes reprennent leurs rencontres, que l’Église redevienne un organisme vivant.
Il faut, il faut, il faut… facile à dire ! Cette expression n’est cependant pas sans lien avec notre foi. On peut lire plusieurs fois dans les Évangiles qu’il « fallait » que le Christ passe par des souffrances et par la mort avant de ressusciter. L’affirmation énigmatique invite à la réflexion. C’est pour cette raison que je la reprends dans le contexte actuel : il y a des souffrances que nous avons à traverser alors que nous aimerions les éviter. Il faut passer par là. Il est parfaitement illusoire de penser que la prière ou la grâce de Dieu suffiront pour que les chrétiens traversent les difficultés actuelles sans encombres ; inutile de faire les fiers : le virus a ses propres lois qui ne sont pas à négliger. Il faut respecter les consignes de sécurité, la distanciation, le port des masques mais inutile d’en rajouter !
La vie de l’Église est en jeu. À force de nous replier sur notre piété personnelle et sur un environnement toujours plus étroit, nous mettons en péril nos communautés mais aussi nos relations amicales, le tissu associatif, l’annonce de la Bonne Nouvelle et jusqu’à la démocratie. Si certains se satisfont de notre apathie actuelle, l’Église est un organisme vivant qui a besoin pour se développer que la vie circule entre ses membres et déborde en direction de la société toute entière. Des chrétiens qui se replient sur eux-mêmes sont en train de dépérir avant de mourir, ils ne sont plus les témoins de la Bonne Nouvelle du salut.
Nous cherchons à nous sauver et à protéger nos proches ce qui, certes, est tout à fait respectable mais la vie passe par le partage et la communication. N’oublions pas de vivre par peur de mourir.