Carême

lapin

Nous entrons en carême…Et si nous abandonnions les privations ? Cette suggestion s’adresse, bien sûr, uniquement à ceux qui auraient encore envie de se priver !

Eh oui, peut-être avez-vous en effet quelques kilos à perdre : pourquoi donc ne pas jeûner ?! Il paraît que l’on mange et que l’on boit beaucoup trop… De plus le jeûne est tendance, on dit même que cette méthode éclaircit les idées.

Dans les pratiques à la mode vous pouvez également vous laisser séduire par l’alimentation végan ou végétarienne : c’est bon pour les animaux, pour l’environnement, peut-être aussi pour la santé… N’hésitez pas !

Mais pourquoi mêler Dieu à tout ça ? À part si vous reversez les sommes économisées pour des causes qui en valent vraiment la peine, je ne suis pas sûr que c’est ce qui plait le plus à notre Créateur, même s’il nous préfère en bonne santé.

En fait, c’est à se convertir que le carême nous invite surtout. En ski d’ailleurs, la conversion est une figure qui consiste à se retourner sur place dans une pente raide. Elle se termine régulièrement par une chute dans la neige, les skis enchevêtrés… Cette image montre combien se convertir reste une entreprise délicate qui comporte bien des échecs et des retours en arrière. Alors autant aller à l’essentiel…

N’est-il pas plus facile au fond de se priver de chocolat que de se tourner vers les autres ? Or c’est à cela que nous sommes appelés avant tout. Nous pourrions dès lors profiter du carême pour tenter une prise de contact avec ceux qui nous entourent et pourquoi ne pas commencer par celui qui est assis à côté de nous à la messe ?

De même, lorsque nous invitons à notre table, nous en restons le plus souvent à notre groupe étroit de connaissances en pensant qu’ils nous inviteront à leur tour. Pourquoi ne pas inviter en dehors de nos cercles ? Voire loin de nos cercles… Ecoutons Jésus qui nous interpelle : « Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant » Matthieu 5, 46-47.

Ne serait-il pas temps, aussi, de tenter une démarche en direction de celui avec qui nous sommes fâchés depuis si longtemps que nous avons oublié la raison de notre différent ? Peut-être ne répondra-t-il pas mais ça vaut la peine d’essayer…

En fait, la conversion ne se réalise pas dans un grand élan héroïque mais par petites touches, par des actes timides qui nous permettent de nous retourner petit à petit. À nous de les inventer. S’il nous arrive de nous « ramasser », peu importe, inutile de se vexer, il suffit de se relever…

Ainsi, si on parle souvent du carême comme d’un entraînement, c’est sans doute parce qu’il s’agit d’une période au cours de laquelle nous essayons de nous comporter comme il faudrait le faire tous les jours en espérant ainsi changer durablement notre vie et celle de ceux qui nous entourent.

Alors bon carême…

 

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